Cet article se veut le troisième billet de la série liens entrants 101, portant sur le thème des liens entrants ainsi que son fonctionnement et stratégies en 2013. Pour consulter les deux premiers billets de la série : Les 4 critères du profil parfait de liens entrantsLe guest posting est-il appelé à disparaître?

La charge sans précédent de Google contre les liens entrants au courant des derniers mois aura au moins eu un effet positif : on sait maintenant que si Google déploie tous ses efforts pour faire peur aux webmestres au sujet des liens entrants, c’est que ceux-ci occupent encore une place de choix au sein de l’algorithme de Google.

Il faut comprendre que la croissance exponentielle du web, en terme de création et partage de contenus, complique de plus en plus la tâche de Google lorsque vient le temps de mesurer la valeur de chaque lien/page ainsi que les relations entre les différents sites.

La stratégie est donc fort simple : pendant que Google tente continuellement de raffiner son algorithme pour que celui-ci s’améliore pour détecter les abus automatiquement, l’équipe anti-spam avec Matt Cutts en tête lance des avertissements pour décourager les spécialistes SEO de mettre en place des stratégies de liens. Et malheureusement la tactique semble fonctionner, alors que de plus en plus de consultants SEO délaissent les liens afin de ne pas risquer leur positionnement. Pour Google, chaque consultant ainsi découragé est une victoire de plus.

Alors, est-ce que Google a gagné la guerre ? Est-il maintenant devenu trop dangereux de faire du link building ?

Pour ma part, je continue à voir le verre à demi-plein, et je crois notamment que :

  1. Oui, les liens entrants sont encore le principal élément de l’algorithme décidant du positionnement organique d’un site.
  2. Oui, il est encore possible de récolter des liens entrants pour influencer positivement sa visibilité sans se faire pincer.

L’article d’aujourd’hui vise donc à présenter ce qui sont à mon avis les deux approches possibles à adopter pour le link builder désirant acquérir des liens sans craindre Google, et par le fait même, améliorer le rendement de sa stratégie SEO.

L’approche#1 : Suivre les conseils de Google et jouer cartes blanches

Premièrement, pour bien comprendre la position de Google dans le dossier des liens entrants, rappelons-nous que l’entreprise californienne a récemment mis à jour ses recommandations officielles dans sa section d’aide avec le conseil suivant :

“In general, webmasters can improve the rank of their sites by creating high-quality sites that users will want to use and share. For more information about improving your site’s visibility in the Google search results, we recommend visiting Webmaster Academy which outlines core concepts for maintaining a Google-friendly website.”

En résumé, cette recommandation signifie simplement : créez un contenu de qualité que vos visiteurs voudront partager, et ensuite faites-en la promotion afin d’attirer le maximum de partages.

Vous l’aurez deviné, cette première mentalité est celle du spécialiste « white hat », qui met presque tous ses œufs dans le même panier, et mise entièrement sur le contenu de qualité pour générer ses liens entrants, de façon entièrement naturelle et éditoriale.

Il s’agit d’ailleurs de la principale approche que nous utilisons à l’agence Absolunet, alors que nous ne pouvons en aucun moment risquer le positionnement du client en utilisant une stratégie qui pourrait déclencher une punition de la part de Google.

Cette approche se déroule typiquement selon la procédure suivante :

Étape 1 : Investir le temps nécessaire pour bien connaître les intérêts de l’auditoire cible qui consultera le contenu.

Étape 2 : Mettre en place un blogue qui deviendra le véhicule principal pour diffuser le contenu.

Étape 3 : Brainstormer avec plusieurs intervenants, autant du côté de l’agence que du client pour générer des idées de contenu susceptibles de récolter des partages.

Étape 4 : Une fois les idées retenues, créez le contenu en ne lésinant pas sur la qualité.

Étape 5 : Dès le contenu en ligne, utilisez les canaux 2.0 du client pour promouvoir l’article (conseil : ne pas oublier Google+ )

Étape 6 : Promouvoir le contenu tout en interagissant avec les influenceurs pour récolter le maximum de visibilité.

Étape 7 : On analyse le tout, et on recommence…

En suivant cette approche, vous ne devriez jamais être menacé par Google, puisqu’il s’agit ici de marketing internet pur, et non seulement du SEO. Le principal risque est qu’il n’est pas toujours facile de créer du contenu de qualité, car l’idée doit être exceptionnelle afin de se dégager du lot.

Également, l’entreprise doit compter sur un bassin de fans 2.0 suffisamment développé pour générer des réactions sur les communautés. Finalement, un budget important est nécessaire pour assurer le succès de cette approche.

Si votre tolérance au risque est moindre et que vous préférez ne pas risquer le positionnement de votre site ou celui de votre client, je vous recommande cette approche. Vous devrez travailler un peu plus fort que l’approche #2, mais vous en sortiez gagnant sur le long terme, et contribuerez à développer un brand de qualité.

L’approche#2 : Utiliser les stratégies traditionnelles en couvrant vos traces

Ce qui est important de comprendre avec l’approche #2, est que chaque stratégie de liens entrants fonctionnant depuis nos débuts en SEO est maintenant assujettie à un certain risque avec Google. Pour ce dernier, chaque stratégie qui nécessite un certain « push », soit l’action de provoquer le lien entrant ne devrait pas être utilisée, à moins d’appliquer la balise « no follow » pour désactiver le transfert de crédibilité du lien.

Quelques exemples des avertissements/actions de Google:

- Mars 2012, Google effectue des frappes contre les réseaux d’achat de liens.

- Mai 2012, des données indiquent que Google a abaissé le PR d’une tonne d’annuaires Web.

- Juillet 2012, Matt Cutts mentionne que Google a les infographies à l’œil.

- Juillet 2013, les communiqués de presse devraient utiliser des liens avec ancre « no follow ».

- Toujours en juillet 2013, c’est au tour du guest posting d’être déconseillé.

- Finalement, les développeurs/promoteurs de widgets sont avertis, même si Google ne suit pas ses propres recommandations.

Cependant, ce n’est pas parce que Google dit qu’une stratégie n’a pas d’impact que c’est la vérité. Google est une formidable machine de relations publiques, probablement l’une des meilleures n’ayant jamais existé, vu toutes les entourloupettes et faux pas dont ils réussissent à se sortir. Il faut toujours faire preuve d’un sens critique lorsqu’on consulte leurs avertissements.

Donc, comme la plupart des spécialistes SEO le savent, les stratégies mentionnées ici haut fonctionnent encore, comme lors des dernières années pré Pingouin. La seule différence est que vous devez faire preuve de jugement et ne pas laisser de traces, par exemple :

- Ne pas faire de liens entrants entre deux sites vous appartenant, du moins ne pas avoir les deux sites liés ensemble par un service de Google (ex Google Webmaster Tools, Google Analytics, Google Apps etc.)

- Assurer que votre profil de liens entrants contient une majorité d’ancres naturelles.

- Ne pas acheter des liens sur un site s’affichant clairement comme un vendeur de liens entrants pour gonfler son SEO.

- Ne pas faire de guest posting sur un site n’ayant aucun rapport avec votre industrie, et dont la qualité est très douteuse à première vue. 

La règle d’or à respecter si vous désirez continuer à cibler les stratégies traditionnelles de liens est simplement la suivante : ne pas faire mal paraître Google.

Si dès demain vous venez à classer votre site sous un mot-clé très concurrentiel au moyen d’achat de liens, au-devant de sites beaucoup plus pertinents que le vôtre et au contenu plus étoffé, et bien votre succès risque d’être éphémère, car vous serez repéré rapidement par Google.

Cependant, si vous obtenez la 3e position avec des stratégies discutées dans les paragraphes ici haut, mais que vous avez caché vos traces, et en ayant un site convenable qui mérite d’être affiché dans le top 5, vous avez des chances de vous en tirer.

Toutes les stratégies fonctionnent, certaines sont durables et d’autres moins. Il ne faut simplement pas donner l’occasion à Google de vous punir pour une raison évidente.

Tout est une question de tolérance au risque

Après avoir consulté les deux différentes approches, vous aurez sûrement remarqué que la grande différence entre les deux concerne votre tolérance au risque. Si vous travaillez sur un site d’un client important ou encore celui responsable de la majorité de vos revenus en ligne, vous devez être extrêmement prudent, et considérez les approches pour éviter de déplaire à Google.

Par contre, si vous avez un site à haut potentiel de rendement dont vous désirez promouvoir dans une optique court terme, vous pouvez augmenter le taux de risque légèrement en ciblant des stratégies déconseillées par Google, pourvu que vous cachiez vos traces et ne tentez pas d’humilier Google en déjouant son algorithme sans retenue. Même certains clients voudront emprunter cette approche, en autant qu’ils soient avertis des risques.

À mon avis, les liens entrants sont là pour rester, et pour longtemps. À vous de décider si vous désirez suivre les conseils de Google, ou tenter votre chance en poussant la note. 

 

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