Comme la plupart de mes confrères SEO, je suis avec attention l’évolution du Google Knowledge graph, soit la base de connaissance qui apparaît de plus en plus fréquemment dans les résultats de recherche. Vous n’avez qu’à chercher pour toute entité connue, soit le nom d’une personne, d’une entreprise ou encore d’une ville, et vous verrez un résultat personnalisé apparaître au sommet de la colonne de droite sous Google.

Cependant, je remarque dernièrement une augmentation de résultats du Knowledge Graph pour des requêtes subjectives, par exemple des mots-clés de services pouvant comporter un terme qualificatif. Il est important de prendre note de cette tendance en provenance de Google, puisque le Knowledge Graph est appelé à jouer un rôle important dans l’avenir de Google. On se souvient que l’équipe dédiée à la qualité de la recherche chez Google a été rebaptisée en l’honneur du nouveau service de Google, un signe évident du focus interne de l’entreprise.

Afin de demeurer à jour sur les techniques pouvant aider la visibilité de nos sites sous les résultats Google, l’article d’aujourd’hui se penchera sur trois cas d’étude du Knowledge Graph, dans l’optique d’identifier les raisons pouvant déclencher l’apparition de la base de données sous des mots-clés précis.

Exemple #1 – Le meilleur restaurant à Montréal

J’ai la chance de travailler dans un quartier de Montréal reconnu pour la qualité de ses restaurants. Cela fait en sorte que j’utilise souvent Google pour trouver des suggestions de restos pour dîner/souper. En cherchant pour « meilleur restaurant Montréal », je fus surpris de constater le résultat suivant du Knowledge Graph :

 

Selon Google, le meilleur restaurant à Montréal est le « Toqué », un populaire établissement dans le Vieux-Montréal. On s’entend qu’il s’agit d’une très belle visibilité pour le resto, obtenant ainsi la meilleure recommandation possible de Google.

Puisqu’il s’agit d’un résultat algorithmique, j’ai fouillé un peu sur la présence web de l’entreprise, pour tenter de déceler les raisons derrière le placement étoile.  Voici quelques suppositions :

Raison potentielle #1 : Le restaurant obtient une note excellente selon les évaluations Google+  

En consultant la page Google+ du restaurant, on se rend compte que les commentaires sont très positifs, autant sur la qualité, service que l’ambiance. J’ai comparé avec plusieurs autres restaurants montréalais et le Toqué obtient la meilleure note d’appréciation, surtout avec le volume de commentaires présent sur la page (+ de 300 au moment d’écrire ces lignes).

Est-ce que le Knowledge Graph est suffisamment intelligent pour identifier le restaurant le plus apprécié de Montréal sur Google+, et le présenter comme premier résultat? Il s’agit d’une hypothèse drôlement intéressante, cependant fouillons encore un peu pour tenter d’identifier d’autres sources potentielles.

Raison potentielle #2 : Les citations en provenance des critiques restaurants 

Premièrement, écartons tout de suite le profil de liens entrants, alors qu’une recherche sous Ahrefs.com démontre qu’aucun lien entrant pointant vers le site du restaurant Toqué! contient « meilleur restaurant » comme ancre :

Si ce n’est pas les liens, je crois plutôt que la réponse se trouve du côté des citations dans les sites d’évaluations. En cherchant pour « meilleur restaurant Montréal toque », j’aperçois les résultats suivants :

Les résultats qui nous intéressent sont bien sûr ceux encadrés en rouge, provenant de sites de commentaires très crédibles, tels que Yelp.ca, TripAdvisor.fr et montrealplus.ca. Il est donc fortement plausible que Google utilise ces sites pour garnir la base de données du Knowledge Graph.

Autre argument en faveur de la citation, on trouve le nom du restaurant mentionné sur 4 des 10 premières pages pour la simple requête « Meilleur restaurant », dont les deux premiers. Dans trois de ces cas, le mot « meilleur » est placé très près du nom du restaurant :

Sur Pierre-Bellerose.Tourisme-montreal.org :

Sur 100meilleurs.com :

 

Et finalement sur Chatelaine.com :

Bien sûr, il peut y avoir une tonne d’autres raisons expliquant la présence de ce résultat « intelligent » pour la requête du meilleur restaurant Montréal, et ce test n’est nullement scientifique. Il pourrait s’agir tout simplement d’un employé de Google, qui lors d’un dernier voyage, a goûté à la cuisine du Toqué! et a déclaré ce restaurant le meilleur de toute la ville. J

Cependant, si vous êtes Google, et que de nombreux sites très crédibles font des critiques très élogieuses de ce restaurant, allant même jusqu’à le nommer le meilleur… ne seriez-vous pas tenté d’y appliquer ce qualificatif à ce résultat ?

Passons au deuxième exemple…

Exemple #2 – L’hôtel le moins cher

Je prêche probablement pour ma paroisse, cependant Montréal est une superbe ville touristique, qui en a beaucoup à donner aux visiteurs provenant des quatre coins du globe.  Conséquemment, la recherche en ligne dans le domaine hôtelier est l’un des marchés les plus compétitifs au niveau canadien.

Puisque de nombreux touristes recherchent le meilleur ratio qualité/prix, le mot-clé « hôtel Montréal pas cher » est un terme très ciblé.  Voici ce que nous obtenons pour cette requête :

L’hôtel Abri du Voyageur est donc l’établissement recommandé par le Knowledge Graph comme l’hôtel le moins cher de Montréal. Pour un mot-clé aussi compétitif, il s’agit d’une visibilité VIP dans cette première page de résultats.

Ce qui est surprenant dans ce cas-ci, est que contrairement à l’exemple #1 du restaurant le Toqué! la page Google+ de l’entreprise n’est pas développée (elle n’est même pas réclamée par le propriétaire!), et compte uniquement 9 commentaires. Donc l’évaluation Google+ ne semble pas être en cause. Creusons un peu plus loin pour voir.

Raison potentielle #1 : Les citations sur les sites de voyages

Comme dans le cas du premier exemple, les citations semblent encore une fois jouer un rôle positif. Même si l’Abri du Voyageur n’obtient pas les meilleures évaluations, celles-ci contiennent très souvent le mot-clé « pas cher » près du nom de l’établissement, soit un facteur sémantique pouvant être pris en cause par Google :

Raison potentielle #2 : Les facteurs SEO sur le site de l’Abri du Voyageur

Nous revoici dans les facteurs SEO :) En analysant le site http://abri-voyageur.ca/, on découvre très facilement que celui-ci est optimisé à fond pour le terme « pas cher »

La balise titre est également optimisée pour cette requête :

Surtout, ce qui m’intéresse au plus haut point, est que le site http://abri-voyageur.ca/, est l’un des seuls hôtels ciblant cette expression dans sa balise titre, comme le prouve cette recherche sous Google pour la requête « intitle:hotel intitle:pas intitle:cher intitle:montreal », qui vise à sortir les pages comprenant les mots-clés « hotel pas cher montreal » dans leur balise titre :

Google Knowledge Graph pourrait avoir ainsi été influencé par l’optimisation SEO du site de l’Abri du Voyageur, surtout si peu d’autres sites d’hôtels ciblent ce mot-clé aussi agressivement.

Raison potentielle #3 : Le profil de liens entrants

Finalement et toujours du côté SEO, le profil de liens entrants favorise grandement le potentiel de http://abri-voyageur.ca/ de se classer sous le mot-clé « Hôtel pas cher », alors que cette ancre apparaît dans les liens entrants pointant vers le site :

Il faut cependant noter que ces liens sont de qualité intermédiaire, et ne sont pas à tout casser. Un concurrent pourrait facilement dépasser ce site avec quelques liens entrants de meilleure qualité avec cette ancre.

Cependant, j’ai plutôt l’impression qu’il s’agit d’une continuité de la stratégie SEO du site http://abri-voyageur.ca/ , qui après avoir ciblé ce mot-clé dans son contenu sur son site, obtient quelques liens externes pour renforcer la pertinence du site de l’Abri du Voyageur pour ce mot-clé.

Avant de passer aux conclusions de ces deux premiers cas d’études, regardons un troisième cas ensemble…

Exemple #3 – Un misérable échec

Un exemple qui est beaucoup plus léger, voire humoristique :) Cherchez sous Google pour le terme « miserable failure », et le résultat en provenance du Google Knowledge Graph a de quoi faire sourire :

Certains se souviendront que voilà plusieurs années, des blogueurs avaient bombardé Google en créant des liens de toutes sortes contenant les mots-clés « failure » et autres variations, et pointant vers le site de la Maison Blanche. Google, un peu gêné, avait réagi à l’époque en détruisant ce « Google Bomb ».

Maintenant, tel que rapporté par SearchEngineLand, cette bombe Google est de retour, cette fois-ci dans le Knowledge Graph.

Raison potentielle #1 (et la seule) : Beaucoup de buzz viral autour de ce mot-clé

On voit ici que le Knowledge Graph comporte des limitations, et que son algorithme n’est pas encore à point.  L’une des seules raisons est que le Knowledge Graph a créé cette association en analysant les tendances en ligne, ce qui est discuté en ce moment sur les différents sites et communautés, etc.

Bref, dans ce cas-ci, un malheureux échec ;-)

Ce qu’on peut en retenir

Avant de passer aux apprentissages de cet exercice, je rappelle que celui-ci n’a rien de scientifique, et ne vise pas à totalement analyser et identifier chaque rouage du fonctionnement du Knowledge Graph. Uniquement les ingénieurs de Google le savent. Pour être à 100% certain des facteurs en cause, il faudrait analyser tous les résultats, prendre en compte les concurrents des différentes requêtes, la géolocalisation, tendances du moment, etc. Bref, une tâche colossale.

Cette mise en garde effectuée, cet article vise plutôt à identifier des facteurs pouvant influencer l’algorithme du Knowledge Graph. C’est d’ailleurs le but de ce blogue, de présenter des théories qui s’appuient sur des bases solides, mais demeurant à être testées dans chaque cas.

Bon, voici ce que nous avons retenu de ces trois exemples :

Constatation #1 : Les commentaires sur votre page Google+ peuvent avoir une incidence positive sur votre classement, qu’il soit organique, sous Google+, ou sous le Knowledge Graph. Il s’agit d’une bonne raison pour encourager vos fans à commenter votre page Google+, ce qui aidera par le fait même la perception de votre entreprise et de vos services.

Constatation #2 : Les citations et commentaires au sujet de votre entreprise comptent. Ceci n’est pas une nouveauté, nous savons depuis longtemps que les citations sont prises en compte dans les recherches locales. Cependant, il est bon de se rappeler l’importance de travailler les relations publiques de votre industrie, et d’encourager les critiques et évaluations de vos services.

Ce qui nous amène au point suivant.

Constatation #3 : Identifier un branding niche : Comme dans le cas de l’hôtel l’Abri du Voyageur, le branding est clairement appuyé sur un hôtel très modique.  Le mot-clé « pas cher » est incidemment repris dans les nombreux commentaires et évaluations en ligne, ce qui peut très bien influencer l’algorithme du Knowledge Graph. Si une tonne d’utilisateurs mentionne constamment le mot-clé « pas cher » dans la même phrase que le nom de l’hôtel, comment Google pourrait-il ne pas en tenir compte ?

Constatation #4 : L’aspect SEO : Finalement, et même si cela demeure à être testé à plus grande échelle, je suis curieux de découvrir si les facteurs SEO classiques tels que l’optimisation « on-site » et le profil de liens entrants peuvent influencer la base de données de Google. Il s’agit bien sûr d’un seul exemple (#2) et pour un mot-clé moins compétitif qu’en apparence, cependant cette idée mérite d’être mise à l’essai.

Finalement, comme on a pu le constater avec l’exemple de George Bush, on voit que la mécanique du Knowlege Graph peut connaître des ratés, et prouve que son algorithme est loin d’être parfait, et du même coup, peut encore être manipulé. On est loin donc de la mort du SEO telle qu’anticipée depuis son lancement ;-)

 

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