L’histoire qui fait couler beaucoup d’encre en ligne depuis quelques jours est sans contredit cette histoire où Google se fait pincer à contrevenir à l’un de ses propres critères de qualité, soit l’achat de contenu dans le but de manipuler les algorithmes de recherche.

En effet, l’œil averti du blogueur émérite Aaron Wall a révélé le pot aux roses en démontrant une liste de blogues personnels ayant publiés des articles élogieux à propos de Google Chrome, et comment le fureteur de Google a aidé une petite entreprise du Vermont à accroître sa productivité, vidéo YouTube à l’appui.

La plupart des billets ont été maintenant supprimés, cependant en voici un exemple:

Il n’est pas essentiel d’avoir fait beaucoup de SEO pour comprendre que ces billets de blogue n’ont qu’une seule utilité, soit celui de passer du Page Rank vers les liens mentionnés dans l’article, par exemple.

Même si cela est déjà suffisant pour faire sourciller, il est encore plus surprenant d’apprendre que ces billets, qui incluaient évidemment un lien vers la page pour télécharger Chrome, étaient en « follow », ce qui signifie que le lien passait de la crédibilité, soit du Page Rank.

Google surprit dans son hypocrisie

Avons-nous besoin de nous rappeler que Google, à travers ses critères de qualité, déconseille aux webmestres d’acheter des liens/contenus dans le but de gonfler artificiellement leurs scores Page Rank, et sous peine de châtiment sévère?

Dans les mots de Google :

“Some SEOs and webmasters engage in the practice of buying and selling links that pass PageRank, disregarding the quality of the links, the sources, and the long-term impact it will have on their sites. Buying or selling links that pass PageRank is in violation of Google’s Webmaster Guidelines and can negatively impact a site’s ranking in search results.”

Google mentionne qu’un capuchon “no-follow” doit être appliqué à tous liens commandités,  sinon le site en question risque de recevoir les foudres de Google.  Ceux qui suivent l’actualité SEO savent fort pertinemment qu’il ne s’agit pas de paroles en l’air, alors que les cas de sites ayant été punis pour l’achat de liens sont nombreux, JC Penney et Overstock en étant deux exemples récents.

Est-ce que Google, qui contrôle l’Internet à un tel point que des sénateurs américains réclament une enquête pour cause de concurrence déloyale, peut décider de la réglementation du web et ensuite contourner ses propres règlements pour aider sa propre cause?

La réponse facile, blâmer l’agence

Google est une entreprise média très habile en relations publiques. On était donc en droit à s’attendre à une réponse qui placerait le blâme sur autrui, cependant ce fut Essence Digital, l’agence de marketing interactif de Google, qui est allé au bâton en y allant du commentaire suivant sur le profil Google+ de l’entreprise :

“There’s been some recent attention in the news involving a Google campaign. Here’s some context on what happened. We want to be perfectly clear here: Google never approved a sponsored-post campaign. They only agreed to buy online video ads. Google have consistently avoided paid postings to promote their products, because in their view these kind of promotions are not transparent or in the best interests of users. In this case, Google were subjected to this activity through media that encouraged bloggers to create what appeared to be paid posts, were often of poor quality and out of line with Google standards. We apologize to Google who clearly didn’t authorize this.”

Donc, à en croire Essence Digital, Google ne savait rien de l’initiative de l’achat des billets commandités, et tout le blâme est sur eux. Qui croire? L’agence qui soi-disant n’a pas averti son client? Ou Google, qui est tellement une entreprise faisant confiance facilement à ses fournisseurs, qui n’ont pas daigné vérifier ce que l’agence a mis en place ?

Dans tous les cas,  Google est entièrement coupable à mes yeux, simplement pour avoir participé que ce ça soit à son insu ou non, à une activité pour laquelle le moteur de recherche a détruit un nombre effarent d’entreprises de toutes tailles, et entraîné des pertes de revenus incalculables pour un nombre de travailleurs.

En conclusion – la suite

Depuis la parution de cette histoire, le classement organique de la page de Chrome a chuté dans les moteurs de recherche pour le mot-clé « browser », comme quoi Google aurait décidé de montrer l’exemple en punissant l’une de ses propres propriétés internet.

Même si cette réaction est appréciée de la communauté, il s’agit probablement d’une tactique de relations publiques qui leur permettra de référer à cette histoire dans le futur lorsqu’ils mentionneront ne pas favoriser leurs propres services au sein de leur algorithme.

Pour ma part, j’espère que cette histoire ouvrira les yeux sur le comportement et politiques souvent douteuses de Google, et que ce dernier n’aura pas le choix de devenir  plus transparent et éthique à l’avenir.

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